Bonjour à tous
J'espère que vous allez bien et que vos vacances vous ont permis de lire quelques petites pépites ou que vous avez au moins fait l'effort de ne pas vous jeter sur de la viande avariée (Musso, Lévy et cie...!). Je n'ai même pas eu le temps de vous faire un petit billet pour vous conseiller quelques lecture d'été. Promis l'an prochain vous l'aurez!
Dans ce billet-ci, nous abordons le délicat sujet de la rentrée littéraire. Je ne vous ferez pas le discours de l'an dernier: oui, j'ai reçu des Services de Presse en masse, certains très attendus, d'autres moins... quelques surprises et sûrement encore d'autres à découvrir.
Voici pèle-mêle un premier tri pour vous, du moins bon à mon chouchou:
J'espère que vous allez bien et que vos vacances vous ont permis de lire quelques petites pépites ou que vous avez au moins fait l'effort de ne pas vous jeter sur de la viande avariée (Musso, Lévy et cie...!). Je n'ai même pas eu le temps de vous faire un petit billet pour vous conseiller quelques lecture d'été. Promis l'an prochain vous l'aurez!
Dans ce billet-ci, nous abordons le délicat sujet de la rentrée littéraire. Je ne vous ferez pas le discours de l'an dernier: oui, j'ai reçu des Services de Presse en masse, certains très attendus, d'autres moins... quelques surprises et sûrement encore d'autres à découvrir.
Voici pèle-mêle un premier tri pour vous, du moins bon à mon chouchou:
Un ange noir, François Beaune, Verticales:
Sorte de thriller intello, roman noir proche de l'exercice de style. Une jeune femme, Elsa est retrouvée morte dans son bain. L'enquête privilégie plusieurs pistes dont celle d'Alexandre Petit vivant encore chez sa mère, légèrement perturbé. C'est le récit de sa cavale que l'on suit à travers un journal, le tout entrecoupé d'articles de presse sur l'enquête et de témoignages. Intéressant au début je l'ai trouvé longuet. J'avoue avoir lu la fin en diagonale.
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Ils ont tous raisons, Paolo Sorrentino, Albin Michel:
Un des romans étrangers les plus attendus de la rentrée littéraire. Premier roman d'un réalisateur italien de talent... Un peu sur-vendu à mon goût et en furetant comme ça sur quelques blogs je me rends compte que je ne suis pas la seule à le penser. Dans ce roman on suit Tony Pagoda une chanteur de charme italien des années 70', où la poudre et les filles circulaient facilement. La Dolce Vita. Mais au sommet de sa gloire, lassé de tout cela il profite d'une tournée au Brésil pour s'exiler dans un petit village au plus profond de l'Amazonie. Trente ans plus tard un chef d'entreprise reconverti en politique lui offre une somme astronomique pour chanter à son anniversaire. D'abord réticent il se décide finalement et retourne en Italie, une Italie vulgaire et stupide où la corruption règne. C'est l'histoire de la déchéance d'un pays à travers une figure emblématique: un chanteur de charme. Sorrentino a ce don, ça on ne peut pas lui enlever, de dépeindre son pays avec précision, finesse et lucidité. Cependant on se perd parfois dans les pensées erratiques de Tony Pagoda (il peut passer trois pages à nous raconter l'histoire d'une marque de postes de télévisions!). Du coup, on trouve quelques longueurs. Mais un roman intéressant tout de même.
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Scintillations, John Burnside, Métaillié
J'adore ce genre de roman à la frontière de plusieurs genre, inclassable, indéfinissable mais pas complètement obscur ou illisible non plus. Au contraire, "Scintillations" raconte une histoire, celle de l'Intraville, une ville où le paysage est dévasté, où le forêt est rongée par un mal étrange qui noircit les arbres et où une usine chimique désaffectée domine le tout. C'est dans cet environnement qu'évolue une bande de jeunes dont Leonard qui se rend bien compte que quelques chose cloche autour de lui. Les adultes sont apathiques et lorsque des enfants, leurs enfants, commencent à disparaître cela ne semble pas les tourmenter plus que cela. On est donc plongé dans un roman sombre mais poétique, une enquête dans un univers proche du fantastique et à la fois ancré dans le réel, assez étrange et indéfinissable. J'ai découvert Burnside avec ce roman et son style, sa créativité, me donnent envie de plonger dans ses romans précédents. Je vous le conseille fortement si vous n'avez pas peur d'être déstabilisé.
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Loin d'où, Edgardo Cozarinsky, Grasset
Ce roman fait partie de ceux que je n'attendais pas et la curiosité m'a poussé à l'ouvrir. La curiosité fait bien les choses quoiqu'on en dise. Ce roman est magnifique. Nous sommes en 1945, une jeune femme fuit Auschwitz avec un passeport juif dans les poches. Elle arrive, aidée, par un prêtre, jusqu'en Argentine où elle recommence une nouvelle vie sous une nouvelle identité. Qui est réellement cette femme? C'est ce que va tenter de découvrir son fils, quelques années plus tard en faisant, sans le savoir le chemin inverse de sa mère. Les thème de l'exil et de la construction de l'identité lorsqu'on est privé de ses origines sont des thèmes chers à Cozarinsky et on sent qu'ils lui importent énormément. C'est un roman écrit avec beaucoup de finesse, on se laisse prendre par l'histoire. Ce que j'aime par-dessus tout c'est que tout n'est pas blanc ou noir. Cozarinsky nous apprend l'importance de la nuance lorsqu'on parle de l'Histoire. Un vrai coup de cœur inattendu.
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Accabadora, Michela Murgia, Seuil
Attention chef d'oeuvre. Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une merveille pareille. Nous sommes en Sardaigne, la Sardaigne des traditions, des non-dits, des légendes. Maria est ce qu'on appelle là-bas une "fille d'âme", un fille issue d'une famille modeste et nombreuse, adoptée par une femme n'ayant pas pu avoir d'enfant. Cette femme c'est Bonaria, la couturière, veuve et stérile. L'enfance de Maria se passe sans souci dans cet univers féminin où elle apprend ses leçons et la couture auprès de Bonaria. Mais elle remarque que parfois Bonaria, sort le soir et ne rentre pas de la nuit. Que fait-elle lors de ces sorties? Elle devient Accabadora, "la dernière mère", celle qui accompagne, parfois de manière spirituelle, parfois en agissant, les mourants. C'est le premier roman traduit en français de Michela Murgia et c'est une très grande réussite. L'écriture est à la fois sobre, fine, poétique, juste, toute en nuances. Dès qu'il sort, lisez-le vous verrez, vous ne serrez pas déçus!
Sorte de thriller intello, roman noir proche de l'exercice de style. Une jeune femme, Elsa est retrouvée morte dans son bain. L'enquête privilégie plusieurs pistes dont celle d'Alexandre Petit vivant encore chez sa mère, légèrement perturbé. C'est le récit de sa cavale que l'on suit à travers un journal, le tout entrecoupé d'articles de presse sur l'enquête et de témoignages. Intéressant au début je l'ai trouvé longuet. J'avoue avoir lu la fin en diagonale.
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Ils ont tous raisons, Paolo Sorrentino, Albin Michel:
Un des romans étrangers les plus attendus de la rentrée littéraire. Premier roman d'un réalisateur italien de talent... Un peu sur-vendu à mon goût et en furetant comme ça sur quelques blogs je me rends compte que je ne suis pas la seule à le penser. Dans ce roman on suit Tony Pagoda une chanteur de charme italien des années 70', où la poudre et les filles circulaient facilement. La Dolce Vita. Mais au sommet de sa gloire, lassé de tout cela il profite d'une tournée au Brésil pour s'exiler dans un petit village au plus profond de l'Amazonie. Trente ans plus tard un chef d'entreprise reconverti en politique lui offre une somme astronomique pour chanter à son anniversaire. D'abord réticent il se décide finalement et retourne en Italie, une Italie vulgaire et stupide où la corruption règne. C'est l'histoire de la déchéance d'un pays à travers une figure emblématique: un chanteur de charme. Sorrentino a ce don, ça on ne peut pas lui enlever, de dépeindre son pays avec précision, finesse et lucidité. Cependant on se perd parfois dans les pensées erratiques de Tony Pagoda (il peut passer trois pages à nous raconter l'histoire d'une marque de postes de télévisions!). Du coup, on trouve quelques longueurs. Mais un roman intéressant tout de même.
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Scintillations, John Burnside, Métaillié
J'adore ce genre de roman à la frontière de plusieurs genre, inclassable, indéfinissable mais pas complètement obscur ou illisible non plus. Au contraire, "Scintillations" raconte une histoire, celle de l'Intraville, une ville où le paysage est dévasté, où le forêt est rongée par un mal étrange qui noircit les arbres et où une usine chimique désaffectée domine le tout. C'est dans cet environnement qu'évolue une bande de jeunes dont Leonard qui se rend bien compte que quelques chose cloche autour de lui. Les adultes sont apathiques et lorsque des enfants, leurs enfants, commencent à disparaître cela ne semble pas les tourmenter plus que cela. On est donc plongé dans un roman sombre mais poétique, une enquête dans un univers proche du fantastique et à la fois ancré dans le réel, assez étrange et indéfinissable. J'ai découvert Burnside avec ce roman et son style, sa créativité, me donnent envie de plonger dans ses romans précédents. Je vous le conseille fortement si vous n'avez pas peur d'être déstabilisé.
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Loin d'où, Edgardo Cozarinsky, Grasset
Ce roman fait partie de ceux que je n'attendais pas et la curiosité m'a poussé à l'ouvrir. La curiosité fait bien les choses quoiqu'on en dise. Ce roman est magnifique. Nous sommes en 1945, une jeune femme fuit Auschwitz avec un passeport juif dans les poches. Elle arrive, aidée, par un prêtre, jusqu'en Argentine où elle recommence une nouvelle vie sous une nouvelle identité. Qui est réellement cette femme? C'est ce que va tenter de découvrir son fils, quelques années plus tard en faisant, sans le savoir le chemin inverse de sa mère. Les thème de l'exil et de la construction de l'identité lorsqu'on est privé de ses origines sont des thèmes chers à Cozarinsky et on sent qu'ils lui importent énormément. C'est un roman écrit avec beaucoup de finesse, on se laisse prendre par l'histoire. Ce que j'aime par-dessus tout c'est que tout n'est pas blanc ou noir. Cozarinsky nous apprend l'importance de la nuance lorsqu'on parle de l'Histoire. Un vrai coup de cœur inattendu.
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Accabadora, Michela Murgia, Seuil
Attention chef d'oeuvre. Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une merveille pareille. Nous sommes en Sardaigne, la Sardaigne des traditions, des non-dits, des légendes. Maria est ce qu'on appelle là-bas une "fille d'âme", un fille issue d'une famille modeste et nombreuse, adoptée par une femme n'ayant pas pu avoir d'enfant. Cette femme c'est Bonaria, la couturière, veuve et stérile. L'enfance de Maria se passe sans souci dans cet univers féminin où elle apprend ses leçons et la couture auprès de Bonaria. Mais elle remarque que parfois Bonaria, sort le soir et ne rentre pas de la nuit. Que fait-elle lors de ces sorties? Elle devient Accabadora, "la dernière mère", celle qui accompagne, parfois de manière spirituelle, parfois en agissant, les mourants. C'est le premier roman traduit en français de Michela Murgia et c'est une très grande réussite. L'écriture est à la fois sobre, fine, poétique, juste, toute en nuances. Dès qu'il sort, lisez-le vous verrez, vous ne serrez pas déçus!
Voilà le petit tour d'horizon de mes lectures estivales. J'espère découvrir d'autres petites choses intéressantes dans cette pile sur ma table de nuit... de toutes façons vous serez les premiers avertis!
le site est peut-être intéressant mais illisible
RépondreSupprimersur le fond marron; dommage!
Merci cher "anonyme" de cette remarque très intéressante. Su mon écran d'ordinateur cela se lit bien, maintenant si cela perturbe le confort de lecture je peux le changer.
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